Sur le thème de la variation, rencontre au sommet entre l’historien de la littérature Florent Coste et les quatre musiciens de Nevermind, qui nous font redécouvrir l’un des chefs-d’œuvre de Bach !
10H > Accueil café
10h30 > Conférence > Répéter, varier, se remémorer au Moyen Âge
Florent Coste, historien de la littérature
Une ambiguïté plane autour de la variation au Moyen Âge. Tantôt elle est synonyme d'inconstance (du sort), d'instabilité (des conditions sociales), de caprice, d'arbitraire ou de perversité (ce qu'incarne Fortune) dans une société médiévale éprise de ses repères, de son cadre et de son ordre. Tantôt elle est le fruit d'une dynamique créative du même et de l'autre : la répétition dans la vie monastique, dans la liturgie de l'année, dans le mystère de l'Incarnation et dans les vies de saints, détermine une vie médiévale, prise en permanence entre deux figures : le cercle du jour, de l'année et des saisons rejoue une histoire humaine qui avance en ligne droite du péché originel jusqu'au Jugement dernier. C'est que, la société médiévale, ni froide, ni chaude, pense son rapport au temps d'une manière qui nous est étrange et familière : elle ne fait pas de différence fondamentale entre mémoire (que l'on croit conservative) et imagination (que l'on croit créative) ; et elle fait de la mémoire un art et une technique pour préparer le futur.
11h30 > Concert > J.S. Bach, Variations Goldberg
Ensemble Nevermind
Les quatre musiciens de Nevermind nous font redécouvrir l’un des chefs-d’œuvre de Bach : de ce sommet de la musique pour clavier, ils tirent une partition de chambre aux couleurs éblouissantes !
Composées pour clavecin à deux claviers et publiées en 1741, les Variations Goldberg BWV 988 sont l’un des sommets non seulement( de l’œuvre de Bach, mais aussi de toute la musique pour instruments à clavier. À partir d’une paisible aria en forme de sarabande composée pour sa femme Anna-Magdalena en 1725, elles déploient une série de 30 variations d’une inventivité et d’une richesse hors du commun. Les formes traditionnelles de l’époque – fugue, ouverture à la française, danses telles que l’allemande ou la gigue – alternent avec de nombreux canons, et avec des pièces dans lesquelles le compositeur révolutionne l’écriture pour clavecin, confrontant l’interprète « à d’importants défis virtuoses et à des choix musicaux aussi audacieux qu’inventifs », ainsi que l’écrivent les quatre musiciens de Nevermind dans le livret du CD qu’ils ont publié en 2025.
Pour marquer les dix ans de leur association sous le nom de Nevermind, la flûtiste Anna Besson (que l’on retrouvera à Noirlac cet été lors des Nouvelles Traversées dans les concertos de Mozart), le violoniste Louis Creac’h, le gambiste Robin Pharo et le claveciniste et organiste Jean Rondeau ont en effet décidé de s’attaquer à ce monument. Celui-ci a déjà été l’objet d’innombrables transcriptions, et pourtant, notent-ils, « jamais personne n’avait encore entrepris d’interpréter cette œuvre sur les instruments de notre formation, alors même qu’ils sont parmi les plus emblématiques de la musique de chambre de Johann Sebastian Bach ». Dans leur travail de réécriture, les musiciens ont cherché en permanence à rester proches de ce que le compositeur aurait pu lui-même imaginer, lui qui n’a cessé de transcrire ses propres œuvres. Et le résultat – plébiscité par la critique – est d’une évidence confondante. Les lignes mélodiques passent d’un pupitre à l’autre avec une souplesse impressionnante, et le différentes variations y trouvent des couleurs et des reliefs insoupçonnés. Un grand moment de musique de chambre dans l’intimité d’un chef-d’œuvre.
Florent Coste, historien de la littérature
Ensemble Nevermind :
Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon baroque
Robin Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, orgue & clavecin
L'accueil café et la conférence se tiennent dans la Salle des communs, au-dessus de la boutique.
Le concert a lieu au Réfectoire.